Histoire du LEB

La brouette

Surnommé affectueusement « la brouette », le Lausanne–Échallens–Bercher occupe une place particulière dans l’histoire ferroviaire vaudoise. Son développement accompagne celui du Gros-de-Vaud, de ses premiers projets à l’époque moderne.

Le début du Lausanne–Échallens

Un besoin de désenclaver le Gros-de-Vaud

Avant la mise en place de la ligne ferroviaire Lausanne–Yverdon-les-Bains dans les années 1855–1856, le district d’Échallens profitait encore du trafic de transit entre Ouchy et Vaumarcus. Peu à peu, la région se retrouve toutefois à l’écart des grands axes. L’idée s’impose alors de relier le centre du Gros-de-Vaud à Lausanne afin de soutenir son développement.

Les premiers projets

Dès 1860, plusieurs projets voient le jour. En 1870, un comité d’initiative est formé dans le but d’obtenir une concession. Une demande est déposée en 1871. Afin de réduire les coûts, le comité envisage d’abord le système français Larmanjat, guidé par un rail unique noyé dans la chaussée.

Pourquoi le surnom « la brouette » ?

Un ingénieur ayant observé le système Larmanjat près de Paris rapporte que la locomotive quittait facilement sa trajectoire « telle une brouette ». Ce surnom est resté attaché au LEB, surtout du côté lausannois.

La naissance d’une ligne pionnière

Après plusieurs débats, le Grand Conseil impose finalement un chemin de fer à deux rails et à voie métrique. La concession est accordée le 6 juin 1872 et ratifiée peu après au niveau fédéral. Le Lausanne–Échallens devient ainsi le premier chemin de fer à voie métrique de Suisse.

Les débuts de l’exploitation

Premières circulations

La première course d’essai a lieu le 3 octobre 1873 entre Lausanne-Chauderon et Prilly-Chasseur. La section Lausanne–Cheseaux est inaugurée le 4 novembre 1873, puis celle de Cheseaux–Échallens le 1er juin 1874.

Un train qui doit encore rassurer

Durant les premiers mois d’exploitation, un avant-coureur marche devant le train sur le tronçon urbain afin de prévenir les passants de son arrivée. Le premier horaire prévoit trois paires de trains entre Lausanne-Chauderon et Cheseaux-sur-Lausanne.

Dates clés

  • 1870 : comitĂ© d’initiative
  • 1871 : demande de concession
  • 3 octobre 1873 : première course d’essai
  • 4 novembre 1873 : ouverture Lausanne–Cheseaux
  • 1er juin 1874 : ouverture Cheseaux–Échallens

Repères

  • Longueur initiale : 14 217 m
  • Rampe maximale : 40 ‰
  • Rayon minimal : 100 m
  • Premier trajet : 30 minutes arrĂŞts compris

Des débuts fragiles

Une partie du matériel roulant et de la voie provient du chemin de fer du Mont-Cenis. Ce matériel déjà usé demandera rapidement des réparations importantes, ce qui pèsera sur les finances de la compagnie pendant de nombreuses années.

La concession du Central-vaudois

L’idée d’un prolongement

Très tôt, la volonté d’étendre la ligne au-delà d’Échallens apparaît. Plusieurs tracés sont étudiés en direction de Cugy-Montet, La Sarraz ou encore Moudon. Après plusieurs années d’hésitations, une nouvelle compagnie, le Central-vaudois, obtient finalement la concession du tronçon Échallens–Bercher.

Entre 1889 et 1912, c’est principalement le trafic marchandises qui fait vivre la compagnie du Central-vaudois.

L’unification et la naissance du LEB

La fusion de 1913

Une convention est finalement ratifiée le 5 octobre 1912. La fusion entre en vigueur le 1er janvier 1913. C’est la naissance officielle de la compagnie du chemin de fer Lausanne–Échallens–Bercher, le LEB.

L’électrification de la ligne en 1935

Une modernisation devenue nécessaire

Dès les années 1920, la traction vapeur devient de plus en plus problématique, en particulier sur la partie urbaine entre Lausanne et Prilly. Après étude, la compagnie choisit l’électrification complète de la ligne.

Un tournant majeur

L’électrification améliore la qualité du service, augmente les performances de la ligne et ouvre une nouvelle époque pour le LEB.

L’époque moderne

Vers Lausanne-Flon

L’arrivée à Lausanne-Flon constitue l’aboutissement d’un projet de longue date. Ce prolongement entre en service le 28 mai 2000 et marque une étape symbolique majeure dans l’histoire de la compagnie.

Description de la ligne

Données principales

  • Parcours : Lausanne-Flon – Bercher
  • Longueur totale : 23,62 km
  • Altitude : de 472 m Ă  625 m
  • Voie mĂ©trique Ă©lectrifiĂ©e en 1 500 V
  • Double voie sur 500 m, puis voie unique

Exploitation

  • Cadence au quart d’heure jusqu’à Cheseaux
  • Cadence Ă  la demi-heure jusqu’à Bercher
  • Tarification intĂ©grĂ©e Ă  Mobilis